Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

6Déc/096

J’ai laissé mon cerveau au vestiaire…

Il y a des jours comme ça,on se dit qu'on ferait bien une connerie. Dans le genre, le truc totalement irréfléchi et bête. Dans le genre sauter d'une grue de 55 m, attaché à un élastique par les pieds. Ce n'est que quand on est dans la nacelle de la grue qu'on se dit que c'était pas une bonne idée, finalement.

Revenons une semaine en arrière. Pause déjeuner en classe, on lit nos mails quand notre directeur de région nous transmet le message d'un des responsable du pôle Xtrem de notre école. Saut à l'élastique, pour le téléthon. Avec mon voisin, nous nous regardons. Cap ou pas cap ? Je lis dans ces yeux qu'il est cap avant même qu'il ne me demande. Allons y.

Une semaine a passé, veille du grand saut. Je stresse, j'ai même carrément la trouille. On va boire un coup avec des amis, histoire de ne pas avoir de regrets. Je profite de ma "dernière soirée".
Lendemain, c'est partie, bus, rer, Evry, AFM. Je vois la grue se profiler. C'est haut tout de même, 55m. Je me mets dans la queue, voit mon camarade de classe revenir de son saut, sourire aux lèvres. On flippe ? On se défile ? Mais non voyons, je ne suis pas de ce bois là. On m'annonce que je ne pourrai pas sauter seule, vu que l'élastique a trop été utilisé, il ne reste que l'élastique pour deux. Je me tourne alors vers la personne derrière moi dans la queue, une jeune fille au regard un peu apeuré mais bien motivée. "Salut, t'es seule ?" Ben oui ! Allons y donc. On nous inscrit puis on nous pèse. 75kg... ah oui tout de même (note pour plus tard, si j'y survie, je me mets au régime). Je retire mon manteau, mes lunettes, ma triskell. On m'harnache, les jambières me rappellent mes chaussons de roller qui me serrent les chevilles. Ça me rassure un peu. Mon cerveau se débranche, je discute avec les moniteurs, qui me complimentent sur ma veste Firefox.

SUIVANT !! C'est notre tour. Le sang reflue doucement vers mes jambes et mes bras. Nous montons dans la nacelle, on nous attache à la nacelle. Montée rapide, on a à peine le temps de se rendre compte. Le moniteur expert nous parle doucement, nous explique, nous montre l'horizon. La vue est magnifique, le ciel entre chien et loup nous permet de savourer les lumières de la ville. L'expression à perte de vue prend alors toute sa signification. Dans mon dos, j'entends "3 2 1 allez y". La fille à côté de moi se penche doucement vers le vide et m'emporte avec elle. Et là, mon cerveau fait magnifiquement son office: déconnexion intégrale. Vertige 0, le gyroscope de mon oreille interne a déclaré la grève sans préavis. Si bien qu'au lieu d'avoir l'impression de tomber comme une pierre, je flotte. Apesanteur.

Je voooooooooooooole.

Les 5 secondes les plus longues de ma vie. Nous montons, nous descendons. Je suis muette comme une carpe, la fille à côté pousse un cri. La sensation de flottement ne me quitte que quand nous nous stabilisons. ATTRAPEZ LA SANGLE. Je me penche vers le haut (drôle d'expression, mais vu que je suis la tête en bas, c'est logique), j'attrape la sangle entre mes jambes, pour que le sang ne reflue pas dans ma tête. Nous explosons de rire dans la descente finale, incapable de savoir si le rire est de joie ou de stress. Pour moi, il est de joie. Je suis comme une gamine qui descend d'un manège. Je veux refaire un tour. On atterrit, se détache, et part au "déshabillage". "Alors c'était comment ?", me demande les monos.

Juste un mot: géant.
Et à quand la prochaine fois ?