Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

20Jan/111

Loin du Paradis

Il est extrêmement difficile de vivre un rêve et du jour au lendemain de basculer dans un enfer. C'est pourtant ce que Cathy Whitaker va vivre ! A la base, Cathy vit le vrai rêve américain des années 50. Mariée à un talentueux commercial, 2 enfants, une belle maison dans une belle région américaine de province, une bonne amie avec qui se partager les ragots du coin,... Que demander de plus ? Justement, quand tout est trop parfait en apparence, c'est qu'il y a forcément anguille sous roche. Et c'est ainsi qu'un jour, Cathy surprend son époux en train de rouler une galoche ... à un homme. C'est l'incompréhension, la grinçante désillusion, bref, Cathy se prend une grosse baffe ! Au départ, ils essayent de faire front commun avec son mari. Ils vont voir un médecin, un psychologue, tout le tremblement ! C'est qu'à cette époque, être homo, c'est une maladie grave, que l'on soigne à coup de médocs et de psychanalyse dans le meilleur des cas, à coup d'électrochocs dans le pire. Alors, comme elle ne peut pas parler à son amie qui est un tantinet homophobe, elle se tourne vers son jardinier, charmant érudit féru de poésie, veuf élevant sa petite fille en père célibataire modèle, mais accessoirement... noir. Et là, c'est le drame dans la petite ville, ça jase de partout, ça monte aux oreilles du mari, qui n'est déjà pas très heureux de se battre contre ses "penchants démoniaques", donc entendre que sa femme fricote avec un "black", ça lui échauffe un peu les oreilles.

Bon, on va s'arrêter là pour le pitch, je crois que tout le monde aura saisi qu'ici, pas de coups de feu à tire-larigot, d'action avec du gros biscotto gonflé aux hormones ou de thriller psychologique sur fond de tueur psychotique sociopathe de surcroit. Mais le scénario tient la route: une fable au pays du rêve parfait qui se fendille de toutes parts. Dans la réalisation, rien n'est laissé au hasard. Que ce soit les costumes, les coiffures, les modèles très rétro des objets de la vie courante, tout est programmé pour coller à l'image des fifties. C'est à peine si l'on reconnait la superbe rousse qu'est Julianne Moore sous sa coloration blonde. Et pourtant, c'est bien Clarisse Starling, sous ce masque de femme parfaite déchirée entre son mari à demi alcoolo et totalement homo, campé par un Dennis Quaid criant de vérité en homme perdu entre désirs et morale. Le bel athlète Dennis Haysbert complète le trio pour le moins "amoureux", bien loin de ces prestations dans L'ombre d'un soupçon (Polanski tout de même) ou Jarhead. Pour les seconds couteaux, on a droit à du bon, avec Viola Davis que l'on connait plus pour ses rôles de séries TV (notamment New York Unité spéciale) ou encore Patricia Clarkson (Whatever Works, Shutter Island) en amie intime de Cathy, symbole de conformisme et de pudibonderie extrême. Production George Clooney et Steven Soderbergh, vous voulez quoi de plus, comme garantie de qualité ?

Et effectivement, la qualité est au tournant pour ce drame qui a tout de même été présenté à la 59ème Mostra de Venise. Une pluie de sélections aux Gloden Globes et aux Oscars pour couronner une telle perle ne sont pas de trop. Très sentimental mais n'accumulant pas les pathos et les clichés à outrance, ce film est d'une rare intensité, on en sort le souffle court !

Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. un très bon film


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