Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

2Fév/113

La théorie de l’échec

Coming out du jour: je suis un gros loser (d'ailleurs, doit-on dire une loser ?). J'ai eu une période lycée des plus chaotiques, rares étaient les profs qui disaient que j'allais avoir mon bac, alors imaginez un diplôme d'études supérieures, et pourtant j'ai réussi à m'en sortir sans trop de dégâts (et sans rattrapage, au passage). J'ai ensuite enchaîné sur ce qu'on appelle le PCEM (Premier Cycle des Études Médicales). Et comme c'est un casse-pipe, que je ne m'étais pas préparée suffisamment, que c'était pas mon truc,... bref pour des milliards de raisons, j'ai échoué au concours. Loin de me démoraliser, j'ai profité des quelques mois libres qui ont suivi ma réorientation (c'était soit médecine, soit informatique) pour faire des petits boulots. Virée d'une boulangerie (pas assez rapide au goût du patron adepte d'employés temporaires / jetables), supportée dans une grande surface en tant que caissière, j'ai finalement réussi à me faire accepter 1 mois au Trésor Public de Massy et 2 mois dans une librairie (qui a fait faillite depuis, d'ailleurs). La suite est plus cool, vu que je suis actuellement en passe de valider mon diplôme à SUPINFO (on croise les doigts, mais vu mes notes, je force ma chance 🙂 ).

Comme tout bon loser qui se respecte, j'aime me rassurer, notamment en parlant de la lose d'autres personnes. Donc quand on m'a dit qu'il y avait une conférence, à Microsoft France, sur l'échec en général et plus particulièrement dans le monde de la création d'entreprise, je me suis dit que cela pourrait être intéressant d'échanger avec des gens ayant plus d'expérience que moi. Durant la conférence, pas mal d'interventions, autour de la création d'entreprise mais aussi beaucoup autour du Venture Capitalism (capital-risk). Peut être un peu trop d'ailleurs... J'aurais préféré entendre plus de créateurs, racontant leurs échecs, leurs expériences, leurs vécus, ce qu'ils ont fait, ce qu'ils referont volontiers, ce qu'ils jureront de ne jamais refaire,... L'échec est mal vu / mal vécu en règle général, alors que c'est un formidable outil d'enseignement, c'est dommage que ce soit seulement des avocats et des investisseurs qui viennent en parler. Au final, un agréable moment de "Networking" où j'ai pu rencontrer des gens comme l'équipe de WeCook (à laquelle j'ai consacré un article il y a quelques temps), entre autres. Première soirée que je passe avec un badge au nom de TechCrunch FR, et une question qu'on m'a posée plusieurs fois durant le cocktail: "Mais c'est vraiment génial, de pouvoir écrire pour TechCrunch, comment tu as réussi à devenir rédactrice ?". Et à ma rédac'chef de répondre pour moi sur Twitter :

(Bon, j'avoue, j'ai envoyé un article, deux articles, trois articles, certains ont été acceptés, d'autres non, mais j'ai continué à harceler Roxanne persévéré, aussi simplement que cela).

Les points faibles :

  • j'aurais aimé un évènement plus convivial, avoir de vrais moments de questions / réponses du public (et pas un rigolo qui monopolise le micro pour faire sa promo pendant 15 min)
  • un tout petit long sur la fin, l'instant du cocktail est vraiment arrivé comme une libération
  • 42 bullets points dans des slides, c'est TROP !!!! Plus de 10 mots dans un slide, c'est TROP !!!! 0 image dans des slides, c'est PAS ASSEZ !!!

Les points forts (le meilleur pour la fin) :

  • wahoooooo, Microsoft France ... tout de même !!!
  • Gilles Babinet
  • la tentative de troll de Roxanne durant la table ronde, en parlant de Dailymotion "mais 120 millions d'euros pour DM, par exemple, est-ce un échec ou une réussite ?"
  • Balloon, ça dépote !
  • Un grand moment de troll: "Je constate qu'il y a peu de femmes pour parler de l'échec. Serait-ce parce que nous échouons moins ?" (la réponse est bien sûr non, l'une des raisons est qu'en général, il est dur de trouver des intervenantes, surtout dans le monde de l'informatique).
  • le cocktail / networking de fin
Commentaires (3) Trackbacks (1)
  1. Bah ? Y’a une conf de loosers et je ne suis pas invité ???

  2. kaze : loser, pas looser 😛

  3. Je me suis retrouvée en situation d’échec alors que tout au long de ma scolarité (du primaire à la fin du secondaire) j’avais tjs été une très bonne élève. En réalité j’ai échoué car je n’avais pas la maturité nécessaire pour imposer mes choix d’avenir à mon entourage. Tout le monde avait son idée concernant mon avenir mais personne n’écoutait ma voix. Je me suis retrouvée très isolée et au fil du temps je me rendais compte que rien n’existait pour apporter une aide concrète aux gens dans ma situation. Je suis heureuse de lire ton article et j’aimerais créer un réseau de personnes qui souhaitent permettre à tous ceux qui vivent un « échec » de comprendre que c’est une période très bénéfique pour la connaissance de soi et qu’il faut sortir de sa honte pour commencer à construire. Et bravo à ta rédactrice en chef pour son non conformisme et son flair!
    A très vite


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