C’est la journée à Dédé…
Oyé, oyé, c'est la journée mondiale du DRM.
Déjà, qu'est ce qu'un DRM, me diriez-vous. Je ne parle pas ici de la Direction du Renseignement Militaire ou encore du groupe de Jpop japonais, mais bien de la gestion des droits numériques (Digital Rights Management en bon anglais). Grosso modo, vous achetez un album CD (à la FNAC, par exemple), vous rentrez chez vous et vous désirez l'écouter sur votre platine de salon. Jusque là rien d'anormal, vous avez acheter un CD, vous voulez l'écouter. Oui mais le-dit CD est protégée par ce que l'on appelle le verrou DRM, un chiffrement qui permet de protéger l'œuvre d'une lecture abusive de l'œuvre achetée. Des menottes numériques empêchant la copie.
Exemple un peu plus parlant, Madame Michu, concierge de son état, vient de s'acheter / de se faire offrir le disque 9 de Eros Ramazzotti (allez, au pif, les goûts de Mme Michu sont certes discutables, le principe reste toutefois le même). Malheureusement, Madame Michu dispose d'un ordinateur sous Linux (Madame Michu, outre le fait d'être concierge avec tous les préjugés socio-culturels que cela implique, est une geek) et est munie d'un lecteur mp3 de marque tierce, disons un Archos Tablet 500 (elle s'embête pas, Mme Michu) qui ne sont pas compatibles avec son CD de musique, protégé par un DRM spécifique à Windows. Si elle souhaite écoutez sa musique en passant le balais dans l'escalier, ou encore sur son ordinateur en poutrant du n00b sur Teeworlds (je vous avez prévenu, Mme Michu est très geek), il lui faut installer ou virtualiser Windows (comptez 104 euros de licence, environ).
Au final, en restant dans la légalité, Madame Michu a déboursé 120 euros pour son pauvre CD de musique. Si ça, c'est pas de l'incitation au téléchargement illégal... Et en plus, si elle se fait choper à avoir fait sauter le DRM pour pouvoir copier ses 13 pistes de musique, même si elle a le CD de musique en sa possession, acheté légalement, elle devra payé 750 euros d'amende.
Madame Michu a un peu l'impression d'être prise pour une conne, sur le coup... Et pour une fois, son statut de concierge n'est pas en cause.

A noter au passage, ce soir, double event: CSI manifestation contre la censu.. pardon l'élagage de l'exposition Contrefaçon à la Cité des Sciences et de l'Industrie, puis conférence de Benjamin Bayart à Sciences Po sur la Neutralité du Net, ces conséquences politiques et l'impact sur notre société.
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