Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

30Mar/100

Shutter Island

Scorsese est un dieu. Si si, je vous assure. Si vous le rencontrez dans la rue (ça m'étonnerait tout de même), faites comme l'ami Roberto, prosternez vous et embrassez ses chaussures:

Je dis ça parce que je sort du dernier film du susnommé, Shutter Island. Teddy et Chuck sont sur un bateau ... je vous rassure, aucun ne tombe à l'eau mais Teddy n'a pas l'air d'avoir le pied marin ! Les deux compères sont marshalls et se dirigent vers Shutter Island, une île / prison de haute sécurité où ils ont été convoqués pour mener enquête. En effet, une patiente, Rachel Solando, a mystérieusement disparue, sans laisser de trace de quelque évasion que ce soit. Enfin presque: un petit papier sur lequel figure une suite de chiffres et de lettres est retrouvé dans sa cellule. Code cryptographique ou délire d'une meurtrière à l'esprit dérangé ? Les deux policiers se lancent donc à sa recherche, interrogeant les patients et les membres du personnel médical qui ne sont pas plus rassurants les uns que les autres.

Le ton est donné avec ce synopsis, ça va donner dans le thriller psychologique. C'est que Scorsese est connu pour faire de tout: films de gangster (Les affranchis), drames psychologiques (Taxi Driver), film musical (New York, New York), biographies (Raging Bull retraçant l'histoire d'un boxeur, Kundun à propos du 14ème Dalaï Lama, Aviator et Howard Hughes), films "religieux" (La dernière tentation du Christ), concerts de rock (Shine à Light avec les Rolling Stones),... Sans oublier le chef d'œuvre que fut Gangs of New York (10 nominations aux Oscars, 5 aux Golden Globes). Pour ce qui est de la réalisation, on est donc assuré de la qualité de la chose. Dès les premières minutes, le décors est posé: une ambiance lourde, noir, glauque, l'angoisse de l'hôpital psychiatrique. La caméra montre tout le savoir faire du génie Scorsese qui n'a plus rien à prouver en tant que réalisateur. C'est un bon et ça ne se discute plus.

Au tour des acteurs ! Encore une fois, Leonardo DiCaprio montre son don pour les rôles difficiles. Il campe un marshall soupçonneux de tout, à la limite de la paranoïa, violent et tourmenté par son enquête avec le talent qu'on lui connaît. Le casting est complété par de très bons "seconds couteaux" tels que Mark Ruffalo (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Zodiac), Ben Kingsley (Gandhi, Romeo + Juliet, La liste de Schindler, Slevin), Ted Levine (Le silence des Agneaux) ou encore John Carroll Lynch (Gran Torino).
Pour le scénario, pas de spoiler, mais attendez vous à une grosse claque, le film est adapté d'un roman de Dennis Lehanne, également connu pour Mystic River et Gone Baby Gone (deux gros hits respectivement adaptés par Sean Penn et Ben Affleck).

Pour résumer, c'est du lourd, du très lourd, une ambiance de thriller psychologique du début à la fin, de l'action, des personnages inquiétants joués par des acteurs de talents et dirigés par un réalisateur de génie, un intrigue du début à la fin avec des grosses claques scénaristiques,... Mais que demander de plus ? Réponse simple: Rien ! À voir absolument !

24Jan/101

Le Concert

J'applaudis rarement en fin de séance au ciné. Tout éblouissant que fut Invictus, ou pour l'exceptionnel Agora, pas un geste, et pourtant j'ai beaucoup apprécié ces films qui valent vraiment la place de ciné. J'ai toujours trouvé cela un peu bizarre d'applaudir, alors qu'aucun réalisateur, scénariste, interprète, etc., n'était présent dans la seule. Personne à féliciter de mes applaudissements donc. J'ai pourtant applaudi Le Concert. Est-ce Tchaïkovski, Alexei Guskov, Mélanie Laurent, Dimitri Nazarov ou encore Moscou ?

Andrei Filipov est le meilleur chef d'orchestre du Bolchoï. Mais quand Léonid Brejnev, dirigeant d'URSS, lui demande de se séparer de ces musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, celui-ci refuse. En plein concert, Andrei est donc renvoyé, publiquement humilié, son orchestre est démantelé. 30 ans plus tard, Andrei travaille toujours au Bolchoï de Moscou, mais en tant qu'homme de ménage. Il lui est interdit de participer et même d'assister aux répétitions, et c'est donc de loin qu'il peut savourer cette musique qui faisait autrefois sa vie. Quand un jour, il intercepte un fax de demande de concert, venant du théâtre du Châtelet. Ni une ni deux, Andrei vole la missive et se fait un devoir de rassembler son ancien orchestre, dont les membres vivent maintenant de petits boulots divers. S'ensuit une folle aventure vers la France, pour rejoindre le Châtelet et Anne-Marie Jacquet, soliste violiniste.

Pour voir un film pareil, il faut de préférence aimer la musique classique, mais pas seulement. En effet, des chants traditionnels russes (Калинка !) et de la musique tzigane côtoient Tchaikovski ou encore Mozart. L'histoire, pour le moins saugrenue, n'en est pas moins touchante, mêle situations comiques et drames de l'Histoire (avec une grande H). Une belle réalisation, servie par des acteurs talentueux, que demander de plus. Mélanie Laurent était déjà assez exceptionnelle Paris ou encore Inglorious Bastard, elle est ici tout simplement sublime en violoniste virtuose. Alexei Guskov et sa troupe de joyeux drilles symphoniques ne sont pas mal non plus.

Un bon moment de cinéma donc, une histoire dramatique mais parsemée d'assez d'humour pour enlever la tristesse, une musique magnifique, un casting parfait, que demander de plus ? Pour ma part, j'applaudis des deux mains 🙂

20Jan/103

Coup de coeur cinéma

Un grand coup de coeur de cinéma pour Agora, magnifique film sur la chute de la cité d'Alexandrie et la vie d'Hypathia, philosophe, scientifique, professeur et esprit libre de la cité sur le déclin. Un grand "Must see".

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20Jan/102

Féminisme et religion

"Il y avait à Alexandrie une femme du nom d’Hypatie ; c’était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu’elle surpassait sur ce point les philosophes, qu’elle prit la succession de l’école platonicienne à la suite de Plotin, et qu’elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c’est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d’elle. La fière franchise qu’elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu’elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n’avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c’étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle." Ces quelques phrases, tirées de l'Histoire ecclésiastique de Platon le Scolastique, résume la vie d'Hypatia d'Alexandrie, philosophe, mathématicienne et astronome. C'est autour de ce personnage charismatique qu'Alejandro Amenábar, réalisateur de l'excellentissime "Les autres" qui lui avait déjà valu une pluie de nominations, notamment celle de la Mostra de Venise. Le réalisateur et scénariste remet cette fois le couvert avec Agora, présenté hors compétition au festival de Cannes 2009.

Pour ce qui est de l'histoire, le film suit la déchéance de la cité d'Alexandrie à travers l'aventure (réelle) d'Hypatia, incarnée par Rachel Weisz. Cette période qui verra le saccage de la grande bibliothèque d'Alexandrie et la disparition de la quasi totalité de ces ouvres sera un tournant de l'Histoire, le pivot entre l'Antiquité et le Moyen Âge, ainsi que l'expansion de la religion catholique dans le monde. La surprise majeure ne vient pas tant de son scénario, retraçant l'histoire de cette femme ayant révolutionner la pensée scientifique, mais plutôt de la réalisation. On oscille entre documentaire et film d'action: de longs travellings nous exposent le pillage de la bibliothèque, tel l'œil d'un oiseau qui contemplerait la scène, entre-coupés de scènes d'action rapides et brutales, extrêmement violentes, où l'ont est comme plongé dans cette apocalypse qu'est la guerre de religion, la croyance aveugle et la chasse aux sorcières. Amenábar nous donne ici une bonne leçon de cinéma et surtout une belle démonstration de son talent, que l'on connaissait déjà.

Cerise sur le gâteau, Rachel Weisz, tout simplement magnifique dans son rôle d'Hypathia d'Alexandrie, femme libre, esprit brillant, charismatique professeur. On frémit lorsqu'elle est sur le point de découvrir le mystère de notre Système solaire, on a peur lors de son combat pour sauver les livres de la grande bibliothèque, on reste admiratif de ses cours de philosophie, et on éprouve de la colère à sa fin. Envouté, le mot est faible. Les "seconds couteaux" ne se font tout de même pas souffler la vedette par la belle anglaise: Oscar Isaac en Oreste (déjà vu dans Mensonges d'État), Michel Lonsdale en Théon (un français vu dans Le mystère de la chambre jaune) et Max Minghella en Davus complètent le casting et apportent avec brio des personnages admirablement bien joués.

Pour résumer, vous êtes fan d'histoire antique, de sciences et / ou de Rachel Weisz, pas une hésitation à aller voir ce film. Sinon, ne vous laissez pas rebuter par cette critique, Agora est un très bon film d'action dans lequel il est facile de plonger et qui vous laisse soufflé, même si vous en connaissez déjà le dénouement (quelques recherches sur Internet permettent de découvrir facilement l'histoire d'Hypathia d'Alexandrie). Aucune hésitation à avoir donc, c'est du bon 😉

27Déc/091

Pas si simple

Pas si simple d'apprécier ce dernier Nancy Meyers (oui, la blague est de mauvais goût, j'en conviens). Il faut dire que la scénariste de Baby Boom nous avait habitué à du haut niveau dans le genre comédie pour nanas : The Holiday, Tout peut arriver mais surtout l'excellentissime Ce que veulent les femmes. Me voilà donc, un dimanche matin, au cinéma, avec ma mère, pour savourer la nouvelle comédie de celle qui nous avait faites pleurer de rire.

Jane (Meryl Streep) a un soucis. Jane est divorcée. En soi, ce n'est pas un drame, cela arrive à beaucoup de gens, de plus en plus de nos jours. Non, ce qui est le plus rageant, c'est que son divorcé d'ex-mari (Alec Baldwin) s'est remarié avec une jeunette à la taille fine, au teint halé et aux seins parfaits. Et bien évidemment, un léger goût amer s'empare de Jane. Au passage, elle rencontre un charmant architecte, fraîchement divorcé, en la personne d'Adam, alias Steve Martin. Mais quand Jake, l'ex-mari, pas tout à fait certain d'avoir fait le bon choix, se repointe et qu'une liaison démarre, tout cela devient compliqué !

Le scénario est à l'image de ce film: à 2 vitesses. Première partie de film, on voit les craintes d'une riche californienne se former avec le départ de son dernier enfant du giron maternel. Les petits coups vaches mère-filles, les situations "tellement vraies" d'une femme d'un certain âge qui se retrouve seule dans la vie, ces enfants étant devenus adultes, tout cela laisse un goût de déjà-vu quotidien et c'est cela qui est drôle. La deuxième partie par contre est plus molle, les hésitations continuant dans un film qui devient alors un peu longuet. Le trio Baldwin / Streep / Martin est fort plaisant, mais depuis certains films, on a la petite impression que Meryl Streep, la même capable de jouer dans Out of Africa, Le Diable s'habille en Prada ou Lions et Agneaux, se cantonne à des rôles de femmes "sur le retour". Heureusement que Doute est là pour relever le niveau.
Heureusement que l'humour reste dans cette comédie sans grande prétention mais qui a le mérite de faire rire. Par contre, autant je peux regarder et connaître par coeur The Holiday, j'aurai du mal à revoir cet opus qui n'est pas le meilleur de Nancy Meyers.

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