Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

27Jan/100

Le club des incorrigibles optimistes

Le club des incorrigibles optimistes. Optimiste, il faut l'être pour oser s'approcher de ce pavé. 756 pages, ça peut intimider. Surtout quand on a pas lu le quatrième de couverture ! J'ai donc joué les téméraires pour mon premier livre de l'année 2010, et sans lire le résumé, les critiques, les prix et autres avis sur le sujet, je me suis jetée tête la première dans ce roman, pour le moins original.

Michel Marini est un adolescent à Paris, dans les années 60. C'est un adolescent comme la plupart d'entre nous avons été, presque banal. Il essaye de comprendre ces cours de maths entre 2 parties de baby-foot et des albums de rock, ces parents se font la guerre à table le soir, sa petite sœur lui tape sur le système et son frère est un grand con. C'est un boulimique de lecture et un passionné de photographie. Rien de bien exceptionnel en soi. Un jour, il ose pousser la porte au fond du Balto, le café qu'il fréquente pour ses parties de foot sur table. Et il va découvrir tout un clan de déracinés, Igor, Léonid, Sacha, Imré et tant d'autres, à l'accent trainant d'Europe de l'Est. Tous ont fuit le rideau de fer, pas tous pour la même raison. Celui là a fuit une arrestation, celui a suivi l'amour de sa vie,... Maintenant vivant de petits boulots, projectionnistes, chauffeurs de taxi, ils se retrouvent tous au Balto, également fréquenté par Kessel et Camus qui aident parfois à boucler les fins de mois difficiles. Autour d'un jeu d'échec, ils parlent de leur pays, de leur famille, de leur idéologie. En entrant de ce club d'incorrigibles optimistes (oui, parce que quand on a tout perdu, on ne peut qu'être optimiste), Michel va bouleverser son adolescence.

Contre toute attente, j'ai adoré ce livre. Pourtant, ce n'est vraiment pas la période de l'Histoire que je préfère (guerre d'Algérie + Guerre Froide). Mais je me suis assez facilement identifiée à Michel: tout deux nous sommes des "librivores", lisant partout, même en marchant, et tous les deux nous avons notre quartier de Paris. Michel parcourt en effet une grande distance "intra-muros", de Denfert-Rochereau jusqu'au Châtelet. Dans ces pages, Jean-Michel Guenassia nous propose un voyage dans Paris et la France des 30 glorieuses mais aussi dans celle un peu plus chaotique de l'adolescence, des familles qui se déchirent et des jeunes qui se cherchent. Pas de propos documentaire, ici on reste proche du personnage, que ce soit Michel, Igor, Léonid, Sacha, Camille, ou tous les autres personnages qui font de cette fresque un magnifique roman. On se laisse bercer par l'écriture simple et surtout par la somptueuse histoire. Une petite pointe d'humour de temps en temps (je ne me lasse pas de la blague de Lénine saoul), et les 760 pages défilent finalement bien vite, on referme le livre, un peu comme si l'on avait quitté ce club et ces amis si particuliers mais terriblement attachants.

27Jan/102

Embrasse-moi, chérie !

Sumire, 30 ans, est rédactrice dans un journal important de Tokyo. Belle et grande (ne pas oublier qu'au Japon, 1m70, c'est grand), elle a toujours privilégié sa vie professionnelle devant sa vie personnelle. Tout ceci, ajouté à un caractère assez dominateur, entretient un fossé entre elle et son entourage, ce qui la rend dépressive et anxieuse. Quand son petit ami et fiancé la quitte pour sa maîtresse, c'est la goutte d'eau: elle frappe son supérieur et se fait donc rapidement rétrogradé au service des faits divers.
Un soir, Sumire découvre dans un carton en bas de son immeuble un jeune SDF passé à tabac. Elle décide de l'aider et, pour un soir, le ramène chez elle. Le squatteur décide de s'installer et croyant le rebuter, Sumire lui propose un marché: il doit être son animal domestique et Sumire accepte de le recueillir chez elle. Contre toute attente, le jeune homme accepte volontiers l'offre et devient donc le "chien" de la maison, répondant désormais au nom de Momo. Les choses se compliquent progressivement quand Sumire craque pour son ancien professeur à l'école de journalisme, Hasumi, et que celui-ci reconnaît Momo.

Je préviens par avance, ce manga est à classer dans la catégorie shojo / josei, les shojo étant des mangas pour adolescente, les josei étant des mangas pour femmes plus agées (18+). Donc clairement à lectorat féminin (mais rien n'empêche les garçons d'aimer les romances, me diriez-vous).
Le scénario vous paraît bizarre ? Vous craigniez d'arriver dans la mièvrerie dès le premier chapitre entamé. Eh bien, je vous dirais "Pareil". L'amie qui me l'avait conseillé n'avait pourtant pas tari d'éloge sur la chose: "Tu aimes Ally McBeal ? Tu vas aimer ça, c'est le même style, mais en manga."
Ally McBeal, tout de suite les grandes invocations. Non, on ne peut décemment pas dire que Kimi Wa Pet, c'est du Ally McBeal en manga. Même si Sumire ressemble par certains aspects à Ally (la trentenaire assez sur d'elle, talentueuse, qui rentre dans le lard de son supérieur parce qu'il lui a fait du gringue), la comparaison s'arrête là. Toutefois, l'histoire assez particulière prête à sourire. Sumire est un personnage complexe, cérébrale, qui réfléchit trop et prend les gens de haut avec son assurance et son mètre 70. Elle va être confrontée à son opposé sentimental, un jeune homme très instinctif, intellectuellement un peu simplet, mais terriblement attachant. Les situations, comiques, tiennent assez en haleine pour qu'on en redemande.

Pour ma part, je me suis prise au jeu de ce manga: moi qui ai un fâcheuse tendance à aimer les aventures dites shonen (Rurouni Kenshin, Hoshin, Neon Genesis Evangelion) ou carrément des seinen (Berzerk, Détenu 042, Planètes), j'ai vraiment apprécié ce manga pour ce qu'il est: une petite amourette tarabiscotée, ni plus ni moins. En 14 volumes, on en attend pas moins. C'est drôle, simple, un peu mièvre parfois, mais ça marche et c'est sympa à lire. Je ne le relirai pas 46 fois (alors que Détenu 042...) mais ça se lit avec plaisir, ça fait sourire et ça détend.

7Jan/101

Un rongeur nommé Firmin

Je suis un rat de bibliothèque. Au collège, je n'allais pas en récréation mais au CDI, je me planquais dans une marre de coussin pour me plonger dans un bouquin de science fiction, un roman policier ou un romance (je n'ai jamais été bien difficile question littérature). Toujours est-il que quand j'ai découvert Firmin, je me suis un peu reconnue en lui. Pourtant, tout nous sépare, ou presque...

Firmin est un rat, un vrai. Petit dernier souffreteux d'une portée de 13 ratons, Firmin est un rat très spécial. D'abord dévoreur de livres au sens propre du terme, il prend progressivement le sens figuré de l'expression. De mangeur, il devient liseur. Et ça tombe bien car il squatte une librairie. Gourmand de nourritures spirituelles et terrestres, Firmin devient le témoin de la destruction de son quartier, Scollay Square, vieux quartier du Boston des années 60. Ce n'est pas l'envie qui lui manque, à Firmin, de dire tous ces sentiments, son amour, son incompréhension de l'espèce humaine et de ses mécanismes du profit à tout prix, mais le petit rongeur ne peut communiquer tout ce qu'il a dans le cœur. Il écrit donc cette autobiographie où il raconte son pessimiste et son désespoir, sa perversion et ses désirs, mais aussi ses moyens de bonheur, comme lorsqu'un romancier marginal le prend sous son aile.

Attachant, Firmin est une sorte de regard extérieur de la société mais aussi de nous, car son étrange capacité, son exceptionnelle érudition, font de ce rat un étrange témoin dans lequel on se reconnait facilement. Magnifiquement écrit, Sam Savage nous fait voyager dans la peau de ce personnage aussi improbable qu'attachant, en signant un appel à la lecture et à l'imagination. Un livre qui veut vraiment le coup d'être lu, qui peux plus est lorsque l'on est soit même un rat de bibliothèque 🙂

6Jan/100

Le Symbole perdu – Dan Brown

Petit article à propos du dernier livre de Dan Brown, Le Symbole Perdu. Enjoy 🙂

6Jan/109

Attention, les francs-maçons sont partout !

J'ai toujours un peu de réserve à propos de Dan Brown. Le problème avec cet auteur, c'est qu'il modifie la réalité pour qu'elle s'adapte mieux à son intrigue. Depuis le Da Vinci Code et les 666 pièces de verre dans la pyramide du Louvres (elle en comporte 673), je me méfie donc comme de la peste de Dan Brown. Mais bon, on m'a offert son dernier livre pour Noël, je n'allais donc pas avoir l'impolitesse de ne pas le lire.

Le fait que Dan Brown modifie les symboles qu'il utilise dans son livre me fait aborder Le Symbole perdu d'une autre manière que ces précédents romans: en bonne fan de faits réels et d'histoire, posée sur mon canapé entre mon netbook connecté à Internet et un épais dictionnaire historique, je fais les va-et-vient entre le livre et les encyclopédies. Je vérifie chaque citation, chaque référence, chaque fait. Dès le premier chapitre, un de mes sourcils se relève d'étonnement: référence symbolique: la cravate. Selon Langdon, le héros, la cravate serait un symbole de la barbarie des guerriers croates du XVIIe siècle, qui pendaient leurs victimes. Or, la cravate serait apparue bien avant, dans les premiers temps du règne de Clovis, dans la partie germanique de la Westphalie. Le ton est donné, ce n'est pas encore avec cette œuvre que je vais pouvoir faire le plein de connaissances.

J'abandonne donc mes dicos pour aborder le roman juste pour ce qu'il est, un roman policier, une pure fiction, qui n'est pas basée sur des faits réels. Eh bien, même là, le plaisir n'est pas au rendez-vous. Les chapitres se succèdent, à un rythme soutenu, trop rapidement, sans ménagement de l'intrigue ou du suspense. Certains diront que c'est bon d'être toujours à l'affut de la moindre péripétie, je préfère dire que j'apprécie les temps de pause, les mises en place d'intrigue, bref tous les mécanismes des bons romans policiers. L'intrigue ultra-prévisible laisse sur sa faim.
On retrouve les mêmes mécanismes que dans le Da Vinci Code d'ailleurs: un méchant démoniaque (cette fois, il n'est pas albinos mais tatoué des pieds à la tête), Langdon avec les flics aux basques essayant de résoudre un pseudo mystère pouvant changer la face du monde,...
Si ce n'est l'histoire, ce seront peut-être les personnages qui captiveront. Et bien non ! Le personnage de Langdon, mélange entre Indiana Jones et James Bond sans les références historiques et le charisme ne fait plus illusion, son acolyte féminine brille par son absence de caractère (c'est vraiment pour dire qu'il y a une femme dans le casting), les agents de la CIA sont de simples brutes / empêcheurs de tourner en rond tranquillement et sans cervelle bien évidement.

Creux, inintéressant d'un point de vue "culturel", que trouver au Symbole Perdu ? Pas grand chose, à part un énième opus surfant sur la vague du complot maçonnique. Pour les maçons, dirigez-vous plutôt vers Giacometti & Ravenne (j'ai une préférence pour le Frère de Sang) et pour un bon Dan Brown, j'opterai plutôt pour le Digital Fortress qui est d'un bien meilleure qualité.

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