Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

1mai/120

Heather Mallender a disparu

Comme son nom l'indique, Heather Mallender a disparu. Fille d'un riche armateur anglais, elle est venue soigner sa dépression dans les îles grecques. Sa sœur, Clare, est morte quelques mois plus tôt dans un attentat de l'IRA visant son patron, le politicien talentueux Alan Dysart. Le-dit Alan propose à la jeune Heather de venir se ressourcer dans sa maison grecque, chaperonnée par son meilleur ami et homme à tout faire, Harold. Mais Heather disparaît, laissant à Harold le soin de porter les accusations d'enlèvement, de séquestration et de meurtre qui lui tombent dessus. Le pauvre bougre se met alors en chasse de la vérité, seule capable de le laver de tout soupçon. Magouilles politiques, ingérences médicales, rancunes personnelles,... Mais pourquoi Heather a-t-elle disparu ?

Emmenant le lecteur tambour battant des îles grecques à la campagne anglaise en passant par la Suisse, le suspense commence dès les premières pages pour ne le lâcher qu'à la dernière. Encore un coup à ne pas dormir la nuit, tellement on est pris au jeu de recherche et de découvertes qui entraîne Harold au fond de la manipulation et de la corruption humaine. À ne surtout pas manquer !

10jan/110

Superman Earth One

Quand on pense à Superman, on se dit souvent homme d'acier, sans peur, infaillible,... La seule faiblesse de Superman, c'est la kryptonite et le soleil de sa planète natale. Superman ne doute pas. Il est bienveillant envers l'humanité et n'hésite pas à se mettre en danger quand un super méchant s'apprête à la détruire.
Quand on pense à Superman, on pense rarement à adolescent à problème, conflits existentiels et tous ces petits problèmes que l'on attribue le plus souvent aux jeunes adultes. Et pourtant, il n'est pas devenu l'homme de fer en une journée ! C'est ce que propose de nous faire revisiter Superman Earth One, par J. Michael Straczynski et Shane Davis.

Clark Kent débarque à Metropolis ! Il ne sait pas encore ce qu'il va y faire, s'il va y rester longtemps, s'il va chercher un job, continuer ses études,... Dans son sac, un étrange déguisement, confectionné par sa mère, dont il ne sait pas trop bien quoi faire. Il loue une chambre à la journée dans un quartier taudis de la ville. En recherche d'un emploi, il va passer des entretiens pour des postes variés : architecte, chercheur en laboratoire, joueur de football,... Sa maman se fait du souci pour lui et le rassure en l'exhortant à faire de sa vie ce qu'il désire (même si c'est être joueur de banjo professionnel). Son père, aujourd'hui disparu, lui a inculqué qu'il avait un rôle important à jouer, du fait de ses incroyables pouvoirs. En effet, Clark est tombé du ciel dans un vaisseau spatial. Tout de suite, il a montré des pouvoirs prodigieux, hors des normes humaines. Rejeté durant son enfance, il veut maintenant vivre une vie normale, être parmi les êtres humains comme un des leurs. Il n'est pas sûr que vivre en marge de cette société en espérant sauver le monde, ce soit son truc ! En bref, un vrai enfant perdu !

Sur le plan graphique, j'ai beaucoup aimé ce comics. Un bon coup de crayon, bonne coloration, le scénario tient la route malgré quelques petites libertés prises avec le mythe. Clark est sombre et peu expressif, du fait de ses états d'âme et de son mal-être général. Par contre, ce manque d'expression et de dynamisme transparaît également dans les personnages. J'aurai aimé un Perry ou une Loïs Lane aux traits plus expressifs. C'est d'autant plus dommage que les combats et autres scènes d'action sont extrêmement bien scénarisés. Mais cela ne gâche pas trop le plaisir de ce mythe revisité à une sauce un peu plus moderne. C'est du bon, sans aucune hésitation :)

26mai/100

Cadavre exquis – Pénélope Bagieu

Zoé est malheureuse. Zoé a un métier con (hôtesse d'accueil dans les salons), un copain con (et au chômage, ce qui ne le rend pas plus sympathique) et elle se sent piégée dans cette vie de merde. En plus, elle habite un appart pourri, se fait chier dans les transports en commun. De son côté, Thomas vit cloitrer dans son immense appartement parisien avec son chat, il est écrivain mais n'écrit plus, il reste bloqué à la première ligne, se contente de lire les articles de ses parutions passées, des best-sellers. Un rien imbu de sa personne, le Thomas !
Un jour, Thomas regarde pas la fenêtre et voit Zoé prendre sa pause déjeuner. Les regards se croisent... S'ensuit le prévisible: l'histoire d'amour, le retour de l'inspiration pour Thomas, la révolution de la vie de Zoé,... C'est sans compter les fantômes du passé...

C'est bien simple, j'ai dévoré la BD en question: sitôt achetée, sitôt lue dans le RER me ramenant chez moi. C'est bien dessiné, dans le style simple et agréable du blog de l'auteur, mais c'est surtout l'intrigue qui épate ici, par son retournement de situation (no spoil). Un rien rapide sur la fin, on aurait peut être plus aimé une histoire un peu plus longue avec un peu plus de suspence. Mais ça reste exquis, donc pas de retenue.

PS1: comment elle se la pète avec sa page Wikipédia !!! :D
PS2: dédicace vendredi rue Charonne, pour une fois que j'ai pas cours, je vais me pas faire prier !

11avr/101

Le conflit – Elisabeth Badinter

Ma mère m'a fait peur. Il y a de cela un mois, elle m'a ouvertement fait la demande d'avoir un petit-enfant (fils ou fille, peu importe). Imaginez mon étonnement, à ce qu'il paraît, ma tête était assez drôle à voir dans le genre: o_O. A ce qu'il paraît aussi, pour réussir sa vie de femme, il faut ABSOLUMENT avoir un enfant. C'est donc avec beaucoup de curiosité que j'ai entamé le dernier livre d'Élisabeth Badinter, intitulé Le conflit, la femme et la mère.

Connue pour son féminisme actif, Élisabeth Badinter fait ici un constat plus ou moins alarmant de la situation féminine dans notre société par le biais de la maternité. Après avoir conquis de nombreuses libertés (être, aimer, procréer ou pas,...), les femmes se retrouvent maintenant face à un nouveau combat, mais cette fois plus obscur. Ce combat, c'est celui de la femme face à la mère. Non pas que chaque femme doit s'opposer à toute idée de maternité, mais plutôt que la maternité, dans notre société, prend une certaine image et s'accompagne d'un cortège de jugements et d'obligations / devoirs.
Après ce constat, Badinter développe les différentes idéologies en jeu: la mère écologique, l'instinct maternel, la Leche League et le contre-féminisme. Toutes tendent vers l'idéologie suivante: la mère doit tout à son enfant, son temps, son lait, son énergie. Pas de temps de repos, pas de vie sociale extérieure au rôle de mère, la femme perd son statut de femme pour devenir une mère, rien de plus. Pas étonnant que nombre d'européennes ne se retrouvent pas dans ce portrait du tout et choisissent le rien, à savoir favoriser leur vie de femme active (plus d'un quart des Allemandes restent sans enfant).
S'ensuit ensuite un plaidoyer des diverses aspirations des femmes: l'émergence d'un nouveau style de vie, de nouvelles aspirations des femmes et même des couples entraînant une augmentation des couples sans enfant (par refus ou par report perpétuel). Pour finir sur l'exception française: "Pour l'heure, les Françaises échappent au dilemme du tout ou rien. Elles avaient déjà bien résisté aux oukases de certains pédiatres ; tiendront-elles face à ceux des naturalismes [...] ? Sauront-elles imposer leurs désirs et leur volonté contre le discours rampant de la culpabilité ? [...] Il semble que les jeunes femmes continuent largement à n'en faire qu'à leur tête. Jusqu'à quand ? ".

La simplicité du propos (le livre se lit facilement en quelques heures et ne nécessite pas une maîtrise en sociologie et en philosophie pour être compris) m'a séduit, mais c'est surtout l'absence de jugement qui m'a le plus plu. Badinter n'essaye pas ici de faire valoir un notion au détriment d'une autre, mais plutôt de faire une apologie du choix: si une femme décide d'allaiter son enfant une semaine ou un ans, si elle préfère prendre un congés maternité ou mettre l'enfant à la crèche, si elle veut embrasser la vie de la mère parfaite ou conjuguer sa vie de mère avec celle de femme, pourquoi la juger ?
Sans être une virulente féministe, j'ai apprécié ce livre pour une chose, c'est qu'il permet de relativiser le poids du rôle de mère que la société / le regard des autres nous fait porter. Peut être aurai-je un enfant plus tard, mais sans être une mauvaise mère, je me refuse à perdre mon individualité face à mon enfant et à mon rôle de mère. A nous d'apprendre à composer et à nous battre pour que notre choix soit accepté.

21mar/100

À livr’ouvert

Après une longue période d'absence, me revoilà sur le blog pour vous parler d'un petit évènement fort sympathique auquel j'ai pris part: les 5 ans de la librairie À livr'ouvert, 11ème arrondissement de Paris. Invitée par l'animatrice du groupe Transcription de l'April, Magalie (aka Bookynette), j'ai donc passé une charmante soirée en compagnie de l'équipe de la librairie ainsi que de beaucoup de libristes:

P1000829

P1000821P1000822

P1000828

Toutes les photos de la soirée sont disponibles sur mon espace Flickr sous licence Creative Commons.

Moi qui m'approvisionnais en drogue littéraire auprès de la "grande surface" Gibert Joseph (qui a le mérite de me racheter mes vieux ouvrages et mes doublons), je pense que je vais changer de crèmerie. En plus, à ce qu'il parait, on peut même commander par IRC. Si c'est pas geek, ça !