Sur la route de la Geek I'll still be a geek after nobody thinks it's chic !

16fév/110

Black Swan


Beaucoup a déjà été écrit sur Black Swan, du bon, du très bon même,... Certains crient au génie, certains réclament les oscars,... Pour ma part, je suis sortie extrêmement embêtée de cette séance de cinéma : impossible de savoir si j'avais adoré ou détesté le film. Déjà, j'en suis sortie très choquée. Une de mes amies m'avait expliqué qu'elle n'aimait pas aller au cinéma seul car elle avait besoin d'une bonne compagnie pour "redescendre sur Terre". Dans le cas présent, la bonne compagnie en question a eu toutes les peines du monde à me faire revenir parmi les humains !

Il est question de Nina (Natalie Portman), danseuse dans une troupe de ballet dont la cote est en berne en ce moment. Pour relancer l'intérêt du public, le directeur de ballet (Vincent Cassel) choisit d'adapter le Lac des Cygnes, de Tchaïkovsky. Exit l'ancienne danseuse étoile (Wynona Ryder, tout de même), on rajeunit le casting avec la belle Nina, jeune et parfaite sur le simple plan technique. Toutefois, le rôle de la reine des cygnes impose une condition : Nina doit réussir à puiser au fond d'elle pour interpréter l'ensorcelant cygne noir. Un vrai travail d'interprétation, mais Nina, trop naïve et trop gentille, va avoir toutes les peines du monde à s'en sortir, en y perdant un morceau de sa raison au passage. Sans oublier les rivalités avec d'autres danseuses, comme la sensuelle et quelque peu dévergondée Lily (Mila Kunis).
Tout est dit, ce film ne fait pas dans la dentelle (ou le tutu rose bonbon dans le cas présent). Du sang, des larmes, de la sueur, du sexe, de l'alcool, de la drogue, il y a tous les mélanges pour faire avoir une crise cardiaque au pape ! Âmes sensibles s'abstenir donc ! D'ailleurs, les quelques premières minutes du film mettent déjà dans l'ambiance : la scène suit le début de la journée de Nina, en mode caméra sur l'épaule. Si l'effet est extrêmement réussi (on a véritablement l'impression de suivre la belle), les oscillations produites par les pas donnent une véritable nausée. Toute la réalisation suit ce procédé : long travelling dans la salle d'entraînement, suivi des personnages "caméra au point", décors sombres,... Tout est orchestré pour mettre le spectateur dans l'ambiance, qui n'a rien de follement joyeuse. C'est même carrément hitchcockien, diraient certains. A commencer par les personnages, tous plus étranges les uns que les autres. Nina est une jeune danseuse alliant extrême beauté et gentillesse maladive, au point de ne jamais se faire plaisir à elle-même à force de toujours dire oui aux autres. Lily est une danseuse de ballet captivante par sa beauté et par son extraversion. Thomas est un séduisant directeur de ballet en quête de perfection pour sa prochaine oeuvre, et ce à n'importe quel prix. Erica, la mère de Nina, porte tous ces espoirs de danseuse dans sa fille, espérant que celle-ci réussira là où elle-même a échoué. Le tout filmé par l'oeil de Darren Aronofsky, connu pour ces films hors-normes (Requiem for a Dream, The Fountain ou encore The Wrestler).

Pour moi, il est dur de dire si ce film est génial, ou pas. C'est le genre de film qu'il faut voir pour se faire sa propre idée, car il est dépendant de l'œil de chacun. Certains y verront un conte moderne, d'autres une fable cruelle sur la folie. Pour ma part, j'y ai vu un thriller psychologique sur la recherche de la perfection, qui peut vous conduire tout au bout de la raison. J'en suis sortie le ventre tordu, la tête remplie de milles questions ! Je crois qu'au final, je peux dire que j'ai apprécié ce film, même si l'effet est très étrange !

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